Martinisme
L'Ordre dans le monde
Documents et Etudes

Emilio_Lorenzo_-_buste.jpgLouis-Claude de Saint-Martin n’a pas créé ni école ni ordre initiatique. Il a continué d’instruire et à initier individuellement ceux qui étaient prêts à faire les efforts nécessaires pour suivre la voie mystique.

Robert Amadou a publié dans son livre, Louis-Claude de Saint-Martin et le Martinisme, Éditions du Griffon d’or, page 45, deux filiations différentes provenant de Louis-Claude de Saint-Martin et aboutissant une à Augustin Chaboseau et l’autre à Papus.

Papus et Chaboseau s'étant rencontrés et reconnus comme étant martinistes tous les deux, échangèrent leurs initiations, ce qui fait supposer que pendant presque cent ans, lesdites initiations avaient changées.

Papus décida de fonder, avec Augustin Chaboseau, un ordre initiatique qui puisse veiller à l'unité et à la régularité de la transmission initiatique martiniste. Dès 1887 apparaissent des documents citant l'Ordre Martiniste et en 1891 a lieu la première réunion de son Suprême Conseil dont Papus fut le premier Président et le Grand Maître de l’Ordre Martiniste jusqu’à sa mort.

Souvenons-nous qu'avant Papus il n'existait pas d'Ordre Martiniste. Louis-Claude de Saint-Martin n'avait pas fondé d'Ordre. Il y eut des loges — comme par exemple en Russie —qui se réclamaient de Louis-Claude de Saint-Martin, mais elles étaient indépendantes et ne faisaient pas partie d'un ordre proprement dit.

Depuis la désincarnation du Docteur Gérard Encausse, plusieurs Ordres martinistes sont nés, toujours avec un deuxième adjectif : traditionnel, synarchique, rectifié, initiatique, libre, ... et maintenant le tout dernier, l’Ordre Martiniste Intérieur. D'autres verront certainement le jour encore.

Tous ces Ordres, dont la majorité et surtout les derniers, sont présidés par des martinistes issus directement ou indirectement de l’Ordre Martiniste. Ils ont tous reçu l’initiation martiniste provenant de Louis-Claude de Saint-Martin et de Papus. Ils peuvent tous prétendre à une filiation martiniste authentique. Ce à quoi ils ne peuvent pas prétendre c’est à la succession régulière de l’Ordre Martiniste. Il n’y en a qu’une et elle est celle qui commence avec Papus et va jusqu’à l’actuel Grand Maître de l’Ordre Martiniste, Emilio LORENZO.

Papus, ayant connu et suivi Maître Philippe, se rapprocha de la voie intérieure comme Louis-Claude de Saint-Martin l’avait fait en son temps, au point de demander à Maître Philippe s’il ne devait pas dissoudre l’Ordre Martiniste. Il eut comme réponse que l’Ordre Martiniste était utile et qu’il devait le conserver.

C’est aussi notre avis et c’est pour cela que nous travaillons en son sein pour rendre plus clair et intelligible le message de notre Ordre, celui qu’il véhicule et qui aboutit à la voie cardiaque chère à Papus.

Emilio LORENZO « Sitaël »

Souverain Grand Maître de l’Ordre Martiniste (1979 - octobre 2016)

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 «J'ai déjà eu l'occasion et le plaisir de traiter de ce sujet dans l'Initiation, mais il convient présentement d'y revenir.

L'Ordre Martiniste ? Il est le plus ancien de tous les autres ordres actuels, il a été fondé par mon regretté père, le docteur Gérard Encausse «Papus», il y a quelques 90 ans. Contrairement à ce que d'aucuns s'imaginent, il n'y avait pas d'Ordre véritable, structuré, à l'époque de L.C. de Saint-Martin, ce dont l'historien et docteur es lettres Robert Amadou a fait une lumineuse démonstration.

De nos jours — et je m'en réjouis car il y a plusieurs Voies pour arriver à la Voie — il existe un certain nombre d'Ordres et de Groupe­ments nationaux plus ou moins importants, plus ou moins bien organisés et dont les membres et dirigeants qualifiés travaillent avec sincérité, avec ardeur, avec foi, à la réhabilitation de l'Homme. Tous se réclament du Martinisme. Il y a donc des Ordres nationaux tant en France qu'à l'étranger: Afrique noire, Amérique Latine, Angleterre, Belgique, Canada, Etats-Unis d'Amérique, Italie, Pays-Bas, Suisse, etc.

Dans le domaine des Ordres Martinistes nationaux contemporains comme, hélas, dans celui de la Franc-maçonnerie, certains dirigeants — dont je ne veux pas mettre la bonne foi en doute — jugent tout naturel de considérer que la filiation dont ils se réclament est la seule, vraiment valable, authentique, sérieuse. De ce fait, et sans la moindre hésitation, ils mettent en doute la régularité des autres Ordres... Grand bien leur fasse! J'estime, en conscience, qu'un tel comportement est une erreur et que, selon le langage symbolique qui nous est cher aux uns et aux autres, il convient de savoir «laisser ses métaux à la porte du Temple».

Retenons, voulez-vous, qu'il y a un certain nombre d'Ordres nationaux, à filiations diverses et dont les travaux ne doivent pas être automatiquement mésestimés. Il appartient aux «hommes du torrent» appelés à devenir des «hommes de désir» de faire un choix correspondant à leurs aspirations et caractéristiques personnelles.

A quoi riment, en vérité, les hostilités, les agressions plus ou moins déguisées, les mises à l'index, les jugements plus ou moins fraternels auxquels il arrive à certains de se complaire? D'ailleurs tout cela ne durera pas...

Autre remarque: certains dirigeants Martinistes qui. par ailleurs, sont de dévoués membres de la Franc-maçonnerie, prétendent que «le martinisme est un groupement para-maçonnique»! En ce qui concerne l'Ordre vénérable dont j'ai l'honneur d'être le Président actuel, c'est une erreur, une grave erreur. Les Membres de notre Chambre de Direction m'ont donc prié de rétablir la vérité à ce sujet également. Je précise donc à nouveau que l'Ordre Martiniste et la Franc-maçonnerie ont un caractère bien particulier et qu'il importe de ne les point confondre. Le Martinisme n’est pas supérieur à la Franc-maçonnerie et vice-versa. Les longueurs d'ondes sont absolument différentes et il n'est point indispensable d'être Franc-maçon pour être agréé au sein du Martinisme et réciproquement, bien sûr. Nous nous devons, les uns et les autres, de respecter d'une manière absolue la liberté de conscience d'autrui.

Cette nécessaire mise au point étant faite, je souhaite à tous ceux qui travaillent vraiment à la réintégration de l'Homme par dévouement, par Amour du prochain et par idéalisme et non dans l'espoir d'obtenir des grades (cordonite = inflammation du Moi) et des pouvoirs (!) une complète et bienfaisante réussite.»

Docteur Philippe Encausse

Souverain Grand Maître de l’Ordre Martiniste (1960 - 1971 et 1974 - 1979)

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LCSM.jpg« La société mondaine, et peut-être la société de l'homme dans tous les genres, répète avec la plus grande vérité ce qui s'est passé lors de l'état primitif des choses. Elles ont commencé par être pures, et elles fini par être la corruption même. En effet, lorsqu’on arrive dans une société, les esprits y sont doux, les manières prévenantes ; chacun s'empresse de se donner des marques d'affection, dont les démonstrations de politesse sont les signes et les indices. Mais on ne tarde pas à voir naître un autre esprit, parmi toutes ces personnes si douces, si honnêtes et si affectueuses en apparence.

La gaîté succède au sérieux des prévenances ; l'envie d'avoir de l'esprit ou d'en montrer succède à la gaîté : l'épigramme* succède à la démangeaison d'esprit ; le sarcasme à l'épigramme ; la fureur au sarcasme. Si l'on rencontre quelques oppositions, la haine et l'animosité succèdent à la fureur.

Et ces mêmes hommes qui paraissaient ne s'être rassemblés que pour jouir d'une société douce, et qui avaient commencé par des démonstrations de vertu et de bienveillance, finissent par se déchirer à belles dents. C’étaient des loups cachés sous la peau de brebis. Voila pourquoi on a eu raison de dire que l'on sortait toujours d'un cercle moins bon qu’on n’y était entré, et qu’en se pesant dans ces deux époques, on trouvait toujours du déchet à la dernière.

Le physique même vient ici à l'appui, et il s'y corrompt comme le moral, ce qui a fait dire à Rousseau, qu'au propre et au figuré la société de l'homme était pestilentielle. Mais il faut cependant déduire de ces arrêts ce qu'ils ont de trop rigoureux. La société de l'homme pourrait être toute différente de ce que nous venons de la peindre, et si cet homme voulait s'occuper de ses véritables fonctions et de ses véritables jouissances, sa société serait aussi avantageuse et aussi salutaire pour lui, au propre comme au figuré, qu'elle lui est funeste et préjudiciable dans l'un et dans l'autre, quand il se laisse gouverner par les causes inférieures. »

Louis-Claude de Saint-Martin - Livre vert, article 790


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